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Transports en commun : augmentation des tarifs la semaine, gratuité le week-end

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Le SMTC vient d’adopter une hausse générale de ses tarifs d’abonnement à compter du 1er janvier de 8 à 12 %, à l’exception de l’abonnement mensuel pour les moins de 26 ans. La décision interroge sur cohérence de la politique tarifaire du syndicat qui, dans le même temps, maintient la gratuité le week-end.

Les transports en commun ont bien un coût et un coût de plus en plus élevé. Les 177 millions d’inscrits au budget primitif du SMTC attestent du rôle et de la puissance d’un syndicat totalement méconnu des citoyens et dont l’opacité est entretenue par un site internet d’un autre temps mais, c’est un autre sujet. La question que peuvent se poser les habitants de l’aire clermontoise c’est bien la sauce à laquelle ils vont être mangés dans le cadre du projet InspiRe. L’objectif de celui-ci est bien en effet de mener la vie dure (circulation et stationnement difficiles) aux automobilistes pour les contraindre à se rabattre sur les transports en commun.

La gratuité des transports en difficulté

Mise en place pour satisfaire les élus communistes au premier rang desquels Cyril Cineux, l’adjoint au maire communiste de Clermont-Ferrand, la gratuité semble avoir pris du plomb dans l’aile, rattrapée par le réalisme économique et la nécessité d’équilibrer les budgets. Il faut dire que la poule aux œufs d’or a suspendu sa ponte. Avec des finances métropolitaines dans le rouge, et une économie locale en partie menacée par la hausse du coût de l’énergie, les rêves de Perrette et de son pot au lait tournent au casse-tête et potentiellement au cauchemar. Annoncé à 324 M€ HT, le projet InspiRe verra mécaniquement son coût final sérieusement alourdi, sans parler des aléas de chantier. Ses initiateurs n’y sont pour rien mais force est de constater que son lancement intervient au plus mauvais moment, celui d’une envolée de tous les prix, sans possibilité de tout arrêter ou même de redimensionner le projet.

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Qui viendra payer le surcoût ? Sans surprise le contribuable mais aussi, l’usager qui n’acquitte à ce jour que 11 % du prix réel du billet. Cette remise à plat souhaitable du financement des transports en commun devrait normalement amener également à s’interroger sur les conditions de l’exploitation du réseau de transports en commun par la T2C, société d’économie mixte, liée au SMTC par un contrat de service public. Or, dans un rapport de 2021, la Chambre Régionale des Comptes souligne le caractère très avantageux des rémunérations des salariés pour un temps de travail effectif très en deçà de la norme des 1607 heures. Sur le papier des économies sont donc possibles mais dans les faits, la frilosité politique à l’égard du secteur des transports est réelle… et fondée. On a vu à cet égard, cet automne, avec quelle facilité les salariés de T2C ont obtenu satisfaction sur des revendications salariales et d’emploi.

Réussir le pari InspiRe

Reste un enjeu essentiel qui pourrait faire oublier les précédents : la réussite d’InspiRe. Il est clair que si ce projet majeur est un succès et se traduit par un service de meilleur qualité, une desserte renforcée et une vitesse commerciale notoirement améliorée, les usagers-citoyens seront partiellement tolérants sur la question de l’addition finale. En revanche, si l’un des piliers de ce triptyque venait à avoir des faiblesses, les conséquences politiques pourrait être importantes dans une période marquée par une violence souterraine qui ne demande qu’à affleurer. Sur Twitter, Olivier Bianchi faisait part dernièrement, avec raison, de son agacement contre le « maire-bashing ». InspiRe, par son importance, constitue un dossier hautement inflammable, une source potentielle d’un incendie qui ne se limiterait pas à l’entre-soi du SMTC.

Alexis BLONDEAU

Les nouveaux tarifs 2023

Billet à l’unité : 1,60 € (inchangé)

Carnet 10 tickets : 15 € (+ 4,2 %)

Carnet 10 réduit : 14 € (+7,7 %)

Les abonnements…

Mensuel : 60 € (+ 9,5 %)

Annuel : 600 € (+ 8 %)

Mensuel – 26 ans : 28,80 € (inchangé)

Annuel – 26 ans : 280 € (+ 10,1 %)

Solidaire tranches 1 et 2 : 4,30 € et 10,90 € (inchangé)

Solidaire tranche 3 : 24,50 € (+ 12 %)

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