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Taxe foncière : Clermont-Ferrand sur le podium national des plus fortes hausses de la décennie

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Mauvaise surprise ces derniers jours dans la boite aux lettres des Clermontois. Les impôts locaux sont arrivés et offrent une situation contrastée. Exonération ou baisse de la taxe d’habitation sous l’impulsion du gouvernement d’un côté, coup de bambou de l’autre sur la taxe foncière. À l’image de ce propriétaire d’un modeste 65 m² qui devra acquitter 1090 € d’impôts. Las, les années futures ne devraient pas être moins rugueuses avec la hausse annoncée de la part revenant à la métropole ainsi que celle liée à l’enlèvement des ordures ménagères.

La Montagne, en véritable thermomètre de la situation clermontoise ne s’y est pas trompée. Le quotidien régional en a fait la Une de son édition du 9 novembre et pose les bonnes questions dans la double page consacrée au sujet. De façon inquiétante il souligne que, « la hausse est stabilisée pour cette année car l’État a donné le taux le plus bas depuis que les taux ont été mis en place ».

« Le tournant historique » pour Clermont-Ferrand a été l’augmentation de 9 %

Les explications ne doivent pas pour autant tourner à la résignation dans le droit fil de l’acronyme anglophone TINA pour « Il n’y a pas d’autres alternatives ». La pression fiscale clermontoise est avant tout un choix des élus locaux. Il s’inscrit souvent dans une fuite en avant sans fin, faute d’une capacité à réformer la gestion locale et à modérer les ambitions des élus. « Le tournant historique » pour Clermont a été l’augmentation de 9 % du taux s’appliquant à la taxe foncière et à la taxe d’habitation par la majorité d’Olivier Bianchi en 2016. Le taux départemental lui n’a pas augmenté depuis 2012.

Le transfert de compétences de la ville-centre vers la Métropole ne s’est pas traduit par des économies

L’obsession à vouloir jouer dans la cour des grands avec à la clé des projets grandioses mais mal ficelés, surdimensionnés ou inadaptés se traduit mécaniquement par un appétit glouton en matière de recettes là où il faudrait une certaine frugalité pour permettre une pause fiscale. Le déplacement de nombreuses compétences de la ville-centre vers la Métropole ne s’est pas traduit par ailleurs par les économies promises mais au contraire par l’ouverture d’un deuxième front avec un besoin croissant de financement de l’EPCI qui a réaffirmé encore dernièrement sa volonté de ne pas réduire la voilure en projets budgétivores.

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Pour qu’un impôt soit acceptable, il doit être considéré comme juste.

Au-delà de la question de savoir si le niveau de services offerts correspond au niveau de fiscalité, la taxe foncière se révèle surtout un impôt totalement injuste qui vient fragiliser des publics modestes. À commencer par les personnes âgées. Le rêve de la Municipalité clermontoise est-il de n’avoir plus que du logement social sur son territoire ? La proximité d’Olivier Bianchi avec Anne Hidalgo conduit-elle à reproduire à Clermont les errements parisiens avec une fiscalité qui chasse les foyers modestes et concentre les pauvretés ? La justice sociale chère à la gauche semble aujourd’hui en panne. Pour qu’un impôt soit acceptable, il doit être considéré comme juste. Tel n’est pas le cas pour la taxe foncière. Au niveau local, la leçon des gilets jaunes ne semble pas avoir été retenue.

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